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 La Prince et le Machiavel [PV Eileen] [Terminé]

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MessageSujet: La Prince et le Machiavel [PV Eileen] [Terminé]  Ven 6 Avr - 11:04

Marcus
Johnes

Eileen
Prince

La Prince et le Machiavel
Marcus acheva d'enfiler la robe vert citron, uniforme officiel de l'hôpital de Sainte-Mangouste, et se contempla dans la glace du vestiaire. Baldrick, adossé à un mur non loin, l'observait attentivement, le bras croisé.

Marcus effleura du bout des doigts le blason de Sainte-Mangouste brodé sur sa poitrine, une baguette et un os croisés. Cela fit remonter à sa mémoire plusieurs souvenirs. Son premier travail dans un hospice de quartier, les premiers patients, les premières nuits blanches, les erreurs, les échecs, les succès… Il avait l'impression que tout cela ne s'était déroulé que la veille, qu'hier encore il n'était qu'un minable petit médicomage sans ambition ni reconnaissance.

Aujourd'hui, la situation d'un minable petit médicomage sans ambition ni reconnaissance ne lui aurait peut-être pas tant déplu que cela. Cela lui aurait conféré l'avantage d'opérer (au sens littéral comme figuré) sans se faire remarquer, car ses activités de Mangemort risqueraient fort d'attirer l'attention. Toutefois… médicomage à Sainte-Mangouste était un poste que beaucoup enviaient. Un poste qui lui rapporterait énormément de fonds pour financer ses intentions à venir. Un poste qui lui revenait de droit, aussi. Cela ne faisait même pas une semaine qu'il avait délaissé ses fonctions… enfin… d'après son horloge interne. D'après l'horloge universelle, cela se rapprochait davantage des vingt ans.

— Je continue à dire que c'est pas malin, finit par ânonner Baldrick en grattant le moignon qui remplaçait son avant-bras gauche.
— Fais donc. Je suis même persuadé que tu diras toujours cela quand nous financerons nos projets grâce à mon travail. Mais je t'en prie, Baldrick, si tu estimes que je suis dans le faux, trouve un emploi, je suis sûr que "manchot sans domicile fixe" est juste ce qu'il manque à ton CV pour faire un bon directeur à Gringotts.

Marcus fixa son lieutenant dans le reflet du miroir. Baldrick baissa les yeux.

— Bien, conclut Marcus. Maintenant que ce point est éclairci, je te prierai de partir. Il n'est pas bien vu pour un médicomage de mon statut de fréquenter en public un ex-mangemort à la rue.

Baldrick hocha silencieusement la tête et se retira du vestiaire. Marcus resta seul pendant encore un petit moment à se scruter dans la glace.

Reprendre du service à Sainte-Mangouste n'avait pas été aussi difficile qu'il l'aurait cru. Il s'était avéré que le docteur Lavarius, son ancienne collègue, y travaillait toujours, et qu'elle avait intercédé en sa faveur pour le faire ré-embaucher, acceptant même de partager son bureau avec lui. Ce qui n'était pas si contraignant, puisque la direction de l'hôpital avait contraint Marcus à prendre un mi-temps plutôt qu'un temps plein, dans une manœuvre à peine dissimulée de le pousser poliment vers la porte de sortie. Cela arrangeait plutôt bien le Mangemort, qui pouvait dévouer toute son attention au futur des Sang-purs du Royaume-Uni.

Marcus acheva de se préparer et sortit à son tour du vestiaire. En remontant un couloir, il croisa un petit groupe de soigneurs qui descendaient le vestibule en panique et qui manquèrent de le bousculer.

— Qu'est-ce qu'il se passe ? les héla-t-il alors qu'ils étaient presque déjà hors de vue.
— Une femme blessée vient de transplaner dans le hall principal !

Premier jour de travail après un congé, et déjà les choses devenaient intéressantes. Marcus les rejoignit sans plus attendre.


Dernière édition par Marcus Johnes le Lun 2 Juil - 17:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La Prince et le Machiavel [PV Eileen] [Terminé]  Ven 6 Avr - 21:32

Une maison, ma maison. Non. Ce n’est pas mon décor. Mais c’est un décor encore typiquement moldu. Je reconnais mon environnement sans le reconnaître. Je sais au fond de moi, quand j’ai fermé les yeux, j’aurais dû les fermer pour de bon. Il y a quelques secondes à peine, mon mari était en train de faire passer sa rage, bien installé sur moi pour m’empêcher de bouger. Je sentais encore la sensation de ses poings dans mes côtes ou sur mon visage, malgré ma tentative de le protéger. Severus n’était pas là. Il était enfin parti, loin de ce cauchemar, protégé par les murs de Poudlard de ce monde cruel de moldus, un monde cruel que je n’aurais, au final, jamais dû rejoindre. Au moins, mon fils était en sécurité, et c’est sur cette dernière pensée que je m’étais laissée partir, le corps engourdis tellement la douleur est intense. C’est probablement à cause de ça que je parviens à transplaner hors d’ici.

J’ai été emportée dans un hôpital moldu. Apparemment, quelqu’un m’a trouvé inconsciente sur la rue. Je ne sais pas quoi raconter au docteur qui vient me voir, alors je ne dis rien. « Madame, quel est votre nom? Nous avons trouvé une alliance à votre doigt. Ne voulez-vous pas que nous contactions votre mari? » Le regard ailleurs que sur lui, je reste muette. En bougeant mes doigts, je vois que mon alliance a été enlevée de mon doigts. C’est mieux ainsi au final. La dernière chose que je veux, c’est de voir mon mari. Je ne veux voir personne en fait. Je n’ai plus personne. « L’infirmière m’a dit que vous ignoriez que nous étions en l’an 2000. De quoi vous rappelez-vous exactement? » Encore une fois, je ne dis rien. Que pourrais-je dire de toute façon ? Qu’il y a quelques secondes, j’étais victime des violences infligées par mon mari, en 1971 ? Non, ça ira merci. C’est un moldu. Je ne peux pas dire ça. « Madame ? » Ma tête reste bien tournée de façon à ce que je ne le vois pas. Quand il me dit qu’il va devoir contacter les autorités, les pensées défilent rapidement dans ma tête. Il faut que je parte. Sans bouger, je laisse le médecin partir pour enfin transplaner.

Une femme crie en sursautant pendant que je me matérialise à Sainte-Mangouste. Ici au moins, je serai plus en sécurité, bien que ça me fait bizarre d’être ici. Au moins, ça leur fera moins bizarre quand ils sauront que je viens de revenir d’entre les morts. Je tombe sur mes genoux, mais rapidement on m’aide à me relever et on me met dans une chaise roulante pour ensuite me guider dans une chambre. Déjà, on me demande ce qui m’est arrivée. « Je viens de fuir un hôpital moldu. » Ils ont fait, apparemment, déjà le plus gros du travail pour me soigner, ce qui explique sans doute comment j’ai pu transplaner sans, à nouveau, perdre conscience. Évidemment, ils n’ont pas nos moyens, les moyens des médicomages du monde des sorciers auquel j’ai appartenu auparavant. Un monde auquel je n’appartiens plus. Je n’appartiens plus à aucun monde en réalité.

Pourtant, quelqu’un vient m’aider à me relever et une autre personne apporte une chaise roulante pour me conduire à une chambre. J’entends une infirmière parler à un homme qui arrive avec d’autres. Elle lui répète ce que j’ai dit dans le hall et nous sommes laissés seuls dans la chambre quand je suis finalement installée. L’infirmière qui m’a aidé à me changer fait son rapport au médicomage. J’ai des contusions visibles sur la partie supérieure de mon corps et, visible de tous, quelques blessures au visage. Je fais peine à voir, mais je n’ai aucune peine pour ma personne. Selon moi, j’ai mérité mon châtiment. J’ai mérité ma mort… Dans mon lit, j’évite de regarder qui que ce soit. J’ai plutôt le regard vers l’autre lit vide à côté du mien.
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MessageSujet: Re: La Prince et le Machiavel [PV Eileen] [Terminé]  Lun 9 Avr - 15:44

Marcus
Johnes

Eileen
Prince

La Prince et le Machiavel
Marcus s'était perdu. Incroyable, mais vrai. Marcus s'était perdu entre les murs de Sainte-Mangouste. Manifestement, l'hôpital, lui, n'était pas mort pendant vingt ans et un architecte avait eu la brillante idée d'en modifier les plans. Là où des couloirs tournaient jadis à gauche tournaient aujourd'hui à droite, et là où jadis ils tournaient à droite, ils se poursuivaient dorénavant en ligne droite. Sur l'instant, Marcus pesta, mais force était de reconnaître que certains, au moins, avaient su s'adapter au changement du temps.

Quand il parvint enfin à trouver le chemin du hall, il était trop tard et la patiente transplanée avait été transférée dans une chambre un peu isolée le temps de déterminer ce qui lui était arrivé et, surtout, qui diable elle pouvait bien être. Marcus reconnut son incompétence précédente et ne ressentit aucune honte à demander à une infirmière de le guider. Quelque part dans son cerveau, toutefois, il caressait l'idée que le directeur de Sainte-Mangouste lui avait délibérément caché les modifications de la structure par pur esprit de contrariété.

L'inconnue dans la chambre ne parut pas si inconnue que cela aux yeux de Marcus. Il l'observait depuis l'encadrement de la porte, et elle évitait soigneusement son regard (ainsi que celui de tous les autres soigneurs présents), pourtant il se doutait qu'elle sentait qu'il l'étudiait avec attention. L'infirmière lui fit un rapport étonnamment détaillé en dépit du peu qu'ils savaient : contusions, visage meurtri, des ecchymoses à n'en plus discerner la couleur d'origine de la peau…

Et elle s'était échappée d'un hôpital moldu.

Une pièce de puzzle indispensable. Qui s'imbriquait aisément avec le reste des indices que Marcus décelait à vue d'œil. Une fois que l'infirmière eut terminé son rapport, Marcus la congédia poliment, la gratifiant d'un sourire charmant pour accélérer le processus, puis il vint s'asseoir sur le rebord du lit quand lequel était enfoncée l'inconnue pas si inconnue.

Elle fixait obstinément le lit vide à côté. Marcus en profita pour l'examiner davantage. Sous les hématomes, cette femme lui paraissait vraiment familière. Issue de son passé, évidemment, mais jusqu'à quand cela remontait-il ? Cette pâleur contre nature, ce nez si particulier, ces cheveux d'un d'un noir absolu… Elle ressemblait presque à un homme affreusement émacié.

Tout en essayant de déterminer son origine, Marcus se pencha sur les indices dont il disposait déjà. Cette patiente présentait des marques de luttes physiques, et s'était échappée d'un hôpital moldu. Tout préjudice que Marcus ressentait à l'égards des Moldus, il savait que leurs soigneurs ne se seraient pas livrés à des études sur une sorcière, a priori parce qu'ils n'avaient aucun moyen de déterminer qu'elle en était une. Donc non, elle était allée à l'hôpital moldu pour soigner ses blessures. Blessures qui n'avaient pas lieu d'être s'ils avaient été infligées par un sorcier, puisqu'un sorcier était en général plus pragmatique qu'un moldu. Pour faire souffrir, il aurait utilisé un sortilège impardonnable. Ces marques sur le corps de cette pauvre bougresse étaient des marques d'abus physiques. Dus à la colère, à la passion. Marcus en savait quelque chose. En voulait torturer l'ex petite amie de son fils, il ne l'avait fait que par magie, et par un sortilège impardonnable.

Cette femme couchée dans ce lit sous ses yeux avait été la victime infortunée d'un moldu. Découverte dans un lieu moldu, emmenée certainement de force dans un hôpital moldu dont elle s'était échappée car elle ne s'y sentait pas à sa place, et enfin arrivée ici, dans son monde d'origine.

Ne manquait plus qu'une pièce pour parfaire le tableau, la touche suprême : qui était-elle ? Pourquoi lui paraissait-elle familière ? Évidemment elle n'avait pas de baguette en sa possession, donc impossible de l'identifier dans l'immédiat. Marcus jugea qu'il était grand temps d'initier le contact pour en découvrir davantage.

— Madame… je suis le docteur Marcus Johnes. Je suis médicomage. Ne vous inquiétez pas, je ne vais pas vous faire de mal. Et je ne vais pas vous toucher. Je veux seulement vous parler. Savoir qui vous êtes. Apprendre à vous connaître. Si vous voulez, nous pouvons échanger. Je vous parle de moi, et vous me parlez de vous, comme cela nous serons d'égal à égal. Je peux même commencer.

Il laissa un temps. Il ne voulait pas la noyer sous un déluge d'informations, la dernière chose dont cette triste dame avait besoin, c'était d'une logorrhée mortellement ennuyeuse.

— Je m'appelle Marcus. J'ai 41 ans, j'ai étudié dans la maison Serpentard de Poudlard. J'ai…

Il s'interrompit, sentit sa gorge se nouer et sa voix s'étrangler alors qu'il se corrigeait.

— J'avais… un fils, rectifia-t-il en ravalant le brusque chagrin qui l'envahissait. Je… enfin, je suis un ressuscité. Vous avez dû en entendre parler… Je suis mort en 1981, et je suis revenu mystérieusement à la vie il y a de cela quelque temps déjà.

Du coin de sa manche, il épongea des larmes qui perlaient au bout de ses cils.

— Veuillez m'excuser…
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MessageSujet: Re: La Prince et le Machiavel [PV Eileen] [Terminé]  Jeu 12 Avr - 14:39

Me revoilà donc à la case départ. Maintenant que je suis installée, je regrette mon choix d’avoir transplané ici. J’aurais dû atterrir dans un endroit plus ouvert, plus dangereux, pas dans un endroit où je serais sauvé. Comme quoi, l’instinct de survie nous empêche de réfléchir quand vient le temps… Bref, l’infirmière fait son rapport à un homme et quitte, nous laissant seuls, me laissant inconfortable. Très inconfortable.

Par automatisme, je pense à Tobias. Si je sors d’ici vivante, vais-je le revoir? Est-ce que j’en ai envie? Fut un temps où Tobias et moi étions heureux, quand j’ai décidé de ranger ma baguette et partager sa vie. En ce temps, Tobias était un bon mari et un bon père. À cause de mon identité secrète de sorcière, il est devenu un monstre. J’en porte physiquement les marques. Je les souffre aussi. Je le mérite.

Le médicomage tente une approche, de se frayer un chemin jusqu’à ma conscience. Je n’ai pas envie de l’écouter, ni de lui répondre. J’ai envie qu’on me laisse mourir misérablement. J’ignore si j’étais bien, là où j’étais, car je sais que je ne suis pas partie complètement en paix, mais au moins, je pouvais fuir ces problèmes que j’avais portés sur mes épaules bien trop longtemps. Malheureusement, la seule chose que je peux faire, c’est le laisser m’examiner, évitant parfaitement tout contact visuel. Étrangement, j’ai davantage l’impression qu’il m’observe moi, plutôt que mes blessures. Je ne suis pas stupide. S’il cherchait à examiner mes blessures, il me poserait davantage de questions, quant à savoir ce qui m’est arrivé, comment j’ai fait pour transplaner, etc…

Quand il me parle, j’essaie au mieux d’éviter son regard, encore et encore. Il se présente, me dit qu’il s’appelle Marcus Johnes. Il m’assure qu’il ne me fera pas de mal, ce qui me rassure très légèrement. Néanmoins, je ne montre aucun changement à mon comportement. Il affirme seulement vouloir savoir qui je suis, apprendre à me connaître. Je n’ai pas envie de tomber dans le panneau. Tobias m’a déjà fait ce discour-là, après tout. C’est malgré moi que je reste sur mes gardes alors que je baisse les yeux. Il me propose alors un marché. Il se présente, parle de lui, et je fais de même en échange. Je n’accepte pas, mais il commence malgré tout.

Marcus Johnes, 41 ans. Ancien étudiant de Poudlard, dans la maison de Serpentard, comme moi. Il interrompt alors sa prochaine phrase pour se reprendre, affirmant qu’il avait un fils. Malgré moi, je tourne doucement la tête vers lui. Évidemment, ça me touche. Je suis une mère après tout. J’ignore si mon fils est en vie, s’il a simplement survécu à son père, mais je l’aime malgré tout. Je sais néanmoins que s’il est en vie, il me déteste probablement. Moi aussi je me déteste de toute façon. Ça nous fait ça déjà en commun.

Quand il essuie ses petites larmes, je suis évidemment désolée pour lui, mais je n’arrive pas à en exprimer quoi que ce soit. Je suis toujours sur mes gardes, et ce n’est pas quelque chose que je peux changer dans l’immédiat. J’essaie néanmoins d’engager la conversation. « Eileen Rogue… Si vous cherchez un dossier à mon nom, vous le trouverez au nom d'Eileen Prince. » Je racle ma gorge un peu. Avant de revenir à la vie j’étais, après tout, en train de crier, jusqu’à ce que Tobias me fasse taire. Ma gorge était donc héritée. « Je suis morte en 1971. » C’est tout ce que j’ai envie de dire à mon sujet pour l’instant. L'idée que 29 ans se soient écoulées depuis ma mort, ça me perturbe. Après tout, je suis morte il y a quelques heures, non ?
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MessageSujet: Re: La Prince et le Machiavel [PV Eileen] [Terminé]  Sam 21 Avr - 11:51

Marcus
Johnes

Eileen
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La Prince et le Machiavel
L'inconnue avait subtilement tourné la tête vers Marcus et, après un temps, prit enfin la parole. Hésitante, lancinante, mais la conversation était officiellement engagée :

— Eileen Rogue…

Rogue ? Comme Severus Rogue ? Le Mangemort ? Maintenant qu'elle avait révélé son identité, Marcus comprenait pourquoi il avait l'impression de l'avoir déjà vue auparavant. Les cheveux noirs, le teint livide, ce nez… Pour un peu, si Severus avait tenté de mettre du rouge à lèvres et d'enfiler une jupe, il lui aurait ressemblé pour deux gouttes d'eau.



Et désormais Marcus n'arrivait pas à extraire de sa tête l'image de Severus Rogue en travesti. C'était un revirement d'humeur inattendu, passer de son fils décédé à un ancien collègue de travail déguisé en femme en l'espace d'une demi-seconde.

Au moins savait-il désormais qui contacter. Ce n'était pas comme si Rogue était un nom de famille réellement répandu dans le monde des sorciers. Ceci étant, cette révélation n'expliquait en rien leur relation. Qui était-elle pour lui ? Ou qui était-il pour elle ? Qui étaient-ils l'un pour l'autre ? Ils partageaient forcément le même sang, mais rie…

— Si vous cherchez un dossier à mon nom, vous le trouverez au nom d'Eileen Prince.

Le dernier mot de cette phrase atteignit Marcus davantage encore que la première révélation. Eileen Prince. Ce nom, il le connaissait. Et cette femme, il la connaissait…

Il se souvenait d'elle. Elle avait fréquenté Poudlard en même temps que lui. Presque. Elle était déjà en sixième année à Serpentard quand il avait intégré l'école. C'était pour cette raison que ce physique si particulier lui revenait. Ce n'était pas le genre de physique que l'on oubliait facilement.

Prince… Rogue… ainsi, Prince était son nom de jeune fille. Elle avait épousé un certain Rogue. Mais pourquoi préciserait-elle qu'un dossier serait à son nom de jeune fille ? Si c'était le cas, elle se serait immédiatement présentée en tant qu'Eileen Ro…

— Je suis morte en 1971.

Eileen avait la désagréable habitude d'interrompre le flot de pensées de Marcus, manifestement. Trente ans de décomposition avaient dû laisser des traces sur sa psyché, ce qui expliquait cette manie qu'il faudrait corriger à l'avenir.

Morte en 1971. Eileen Rogue, née Prince. Pas de dossier à son nom d'usage mais à celui de jeune fille. Intéressant. Très, très intéressant.

Marcus esquissa un demi-sourire réconfortant.

— Eileen… Je vous connais, je crois. Je me souviens de vous, un peu. Nous étions à Poudlard ensemble, chez Serpentard. Je suis arrivé à l'école alors que vous étiez déjà en sixième année. Peut-être que vous vous souvenez de moi aussi… le petit garçon qui avait fait une crise de larmes en apprenant qu'il n'irait pas à Serdaigle comme papa et maman.

Étaient-ils toujours en vie, eux, par ailleurs ?

— Quelle ironie tragique que nous nous retrouvions en cette pièce, ressuscités chacun de son côté et pourtant décédés à dix ans d'écart.

Cela signifiait que, à un détail technique près, Marcus était désormais plus âgé qu'Eileen. Non pas que cela eût un quelconque intérêt de penser à cela dans l'immédiat.

Non, ce qui avait de l'intérêt, c'était d'imbriquer finalement les pièces du puzzle. Eileen Rogue, décédée en 1971, réapparue 30 ans plus tard environ le corps contusionné et tatoué d'hématomes. Il ne fallait pas être un médicomage assermenté pour déduire qu'elle avait succombé aux coups d'un Moldu.

— Comment vous sentez-vous, depuis votre retour parmi les vivants ? Quels proches pourrions-nous contacter pour les prévenir de votre retour ? Je… conçois que vous vous refuseriez à en avertir certains, mais j'ai vent que les Prince n'ont pas disparu, et je sais de source sûre qu'il existe encore au moins un Rogue qui foule gaiement cette terre. Severus. Aux dernières nouvelles, il était devenu enseignant à Poudlard, peut-être êtes-vous apparentés. Il n'existe à ma connaissance que peu de Rogue dans le monde des sorciers.

Marcus caressa machinalement la chevalière qu'il portait au majeur de la main droite, un anneau d'argent orné d'un onyx rectangulaire. Comment réagirait-il, lui, s'il apprenait que Henry avait ressuscité également ? Leur relation ne s'était pas exactement terminée en apothéose.

— Que puis-je pour vous, Eileen ? Que désirez-vous ? Que voulez-vous que je fasse ?
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MessageSujet: Re: La Prince et le Machiavel [PV Eileen] [Terminé]  Sam 21 Avr - 18:59

J’ignore si le médecin tente de créer un certain contact avec moi, un lien ou je ne sais quoi, mais en l’entendant dire que nous avons été à l’école ensemble ne me fait ni chaud ni froid, et ça ne me surprend pas davantage. Après tout, il n’y en avait que très peu des serpentards qui s’intéressaient aux études sur les moldus. Du coup, pas étonnant qu’on ait remarqué ma présence. Néanmoins, j’essaie de me souvenir de lui, à la cérémonie de répartition. Ça me dit vaguement quelque chose, un gamin qui pleure parce qu’il n’a pas été envoyé dans la maison qu’il voulait. Remarque, il devait y en avoir eu plusieurs. « Je ne suis pas certaine… » Je pose ma main sur mon front. « Je suis désolée. »

J’enlève ma main et je l’écoute attentivement. En effet, c’était tout de même une tragédie d’être obligée de revenir sans avoir un avis à donner. « Une blague de mauvais goût, oui. » J’aurais clairement préféré rester où j’étais. C’est trop difficile de vivre et j’ai l’impression d’étouffer. Je baisse les yeux, me disant que si j’avais réussi à me faire oublier, passer inaperçu, durant toutes ces années, maintenant, je souhaitais retourner six pieds sous terre pour me faire oublier à nouveau.

Mon regard se perd alors dans le vide. Je suis comme hypnotisée par mes souvenirs, des souvenirs tristes et terrifiants qui me dévorent de l’intérieur, qui me font frissonner à l’idée de les revivre. Marcus me demande alors comment je me sens. Mon regard dévie doucement vers lui. J’ai les larmes aux yeux. Comment je me sens ? Je me sens dégoûtante, horrible, repoussante, stupide, faible, inutile, trouillarde… Je ne suis visiblement plus l’étudiante de sixième année qu’il a connu par le passé. Mes yeux parlant d’eux-même, je ne répond donc pas à cette question. Impossible de bien aller de toute façon. J’ai des blessures sur tout le corps, alors certes, je souffre, mais en plus je viens de revenir à la vie, quelques heures plus tôt. Je le laisse donc poursuivre. Il me demande qui il devrait contacter pour moi. C’est sans doute la question qui me fait le plus de mal jusqu’à maintenant.

Je l’écoute alors parler de ma famille, les Prince, et je baisse les yeux, triste. J’ai été rejetée par cette famille de sang-pur qui n’aime rien d’autre que les sang-purs aussi. Ils m’ont déshéritée, m’ont laissé tombé, m’ont mise à la rue… J’ai été froidement abandonnée par mes parents alors que j’aurais voulu de l’appui, de l’aide. Aujourd’hui, s’ils sont toujours vivants, ils me tueraient probablement eux-même à nouveau. Bref, il me dit qu’il reste au moins un Rogue de vivant. Lequel? Mon regard se montre à nouveau intéressé, mais j’essaie de le cacher maladroitement. Quand il nomme le nom de mon fils, je suis rassurée, et si j’avais affiché de la peur, je suis désormais rassurée. « Il n'existe à ma connaissance que peu de Rogue dans le monde des sorciers. » Cette phrase me fait baisser les yeux à nouveau, comme si j’avais honte. « Il n’en existe qu’un. Les autres ne sont pas sorciers, et j’espère qu’ils ne sont plus vivants non plus. Sinon, j’aurai des ennuis. » Je ramène alors mes jambes vers moi et l’écoute me demander ce que je souhaite. « Je souhaite retourner là où j’étais, six pieds sous terre. »

Mes larmes se mettent à couler silencieusement. Je rallonge mes jambes sur le lit car la douleur de mes blessures est plus vive autrement. « Je n’ai personne à contacter. La famille Prince m’a reniée quand j’ai décidé de poursuivre mon aventure amoureuse avec un moldu. Un Rogue. Ils avaient sans doute raison au final. Si je ne l’avais pas épousé, si je les avais écouté, je ne serais pas dans cet état aujourd’hui. Mon mari ne m’aurait pas tué… » J’inspire profondément. « En même temps, j’ai mérité mon sort. Je n’ai pas le droit de me plaindre. »
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MessageSujet: Re: La Prince et le Machiavel [PV Eileen] [Terminé]  Mer 2 Mai - 1:20

Marcus
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Eileen
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Elle se recroquevilla sur elle-même. Posture de défense classique. Eileen se renfermait. Non pas qu'elle se fût déjà ouverte durant la conversation. Tout ce qu'elle avait dévoilé à présent, c'était son nom et la date de son décès.

— Je souhaite retourner là où j'étais, six pieds sous terre.

Affirmation aussi cinglante que terrifiante. Eileen Rogue était atteinte d'une fantastique dépression post-mortem, ce qui risquait de contrecarrer les plans que Marcus échafaudait dans un coin de son esprit depuis le début de la conversation.

Eileen commença à pleurer. Marcus se retint de lever les yeux au ciel. Cette fille était démoralisante au possible. Il y avait ce type de personnes, dans le monde, qui était capable de saper le moral d'une armée entière rien qu'en existant. Eileen faisait partie de cette catégorie, non, elle en était la figure de proue.

— Je n'ai personne à contacter. La famille Prince m'a reniée quand j'ai décidé de poursuivre mon aventure amoureuse avec un moldu.

Rien d'étonnant à cela. Peu de familles de Sang-purs étaient ouvertes d'esprit concernant ce sujet épineux. Marcus l'avait appris à la dure. Couper les ponts était, à son sens, un moindre mal dans ce cas précis. Eileen aurait pu se concentrer librement sur son avenir, sans regarder en arrière. Les péchés du passé, encore une fois, revenaient les hanter. Elle comme Marcus.

— Un Rogue. Ils avaient sans doute raison au final. Si je ne l'avais pas épousé, si je les avais écoutés, je ne serais pas dans cet état aujourd'hui. Mon mari ne m'aurait pas tuée…

Marcus eut un sursaut imperceptible. C'était exactement la confirmation de ses théories premières. Un moldu avait infligé ces coups mortels. Les non-magiques étaient frustes mais efficaces, il fallait le reconnaître. Ils avaient cette capacité à surprendre les sorciers qui les rendait redoutables.

Eileen prit une profonde inspiration.

— En même temps, j'ai mérité mon sort. Je n'ai pas le droit de me plaindre.
— Vraiment ?


Marcus esquissa un sourire rassérénant et joignit les mains.

— Mon amie, si vous pensiez sincèrement ne pas avoir votre place parmi les vivants, il n'y a absolument rien qui vous empêche d'en finir à nouveau. À part la possibilité de revenir encore à la vie.

Ce qui serait, à la vérité, une expérience que Marcus apprécierait de mener lors de son temps libre.

— Je connais ces pulsions de mort. Vous estimez que vous n'êtes rien. Moins que rien, même. Et c'est vrai, si vous n'êtes rien, pourquoi encombrer le monde de votre présence plus longtemps ?

C'était dire la force psychologique de Rogue père. Être capable de briser une sorcière pour qu'elle en arrive à nier son propre être et ne se définir plus que par sa relation à l'autre. Un non-magique était parvenu à détruire la personnalité originelle d'un Serpentard… ce n'était pas un mince exploit.

— Je pense qu'il est inutile de préciser qu'aux yeux de certainement plein d'autres personnes, vous valez quelque chose. Ce n'est pas ce que vous voulez entendre. Vous voulez entendre "Vous l'avez mérité", je me trompe ? Toutefois…

Il se leva enfin du rebord du lit et fit quelques pas. À l'instant, il aurait tout donné pour avoir une tasse de thé au jasmin, en général cela l'aidait à réfléchir. Il sortit sa baguette et l'agita dans les airs. Une tasse se matérialisa dans sa main libre et il but aussitôt.

Marcus se retourna. Il agita la baguette derechef, en murmurant "inanimatus apparatus". Une autre tasse apparut sur la table de chevet à côté du lit d'Eileen. Enfin, seulement, rangea-t-il sa baguette en bois de mélèze, et but-il son thé au jasmin.

Il existait forcément un moyen de s'approprier la situation. Et de tirer Rogue Jr de son antre. Marcus brûlait d'envie de s'entretenir avec lui au sujet du fabuleux Seigneur des Ténèbres et de son encore plus fabuleux tueur. De toute évidence, Eileen ne tarderait pas à prendre la fuite. Si elle tenait tant à mourir, elle ne perdrait pas son temps dans l'hôpital. Et si elle mourait vraiment… au sein de l'établissement… Marcus réprima un frisson. Bien entendu, il y avait toujours une autre option. Qui contenterait les deux parties.

— Eileen… Mme Prince… Vous devriez songer à votre avenir plutôt qu'à votre passé. Vous avez raison sur un point très important : vous êtes morte. Mais cette épreuve que vous avez traversée n'est pas définitive. Ce n'est pas un obstacle, c'est une opportunité. Eileen Prince n'est plus, c'est vrai. Néanmoins…

Marcus se rassit au bord du lit.

— Vous pouvez devenir quelqu'un d'autre. Vous pouvez devenir quelque chose d'autre. Eileen Prince est décédée un triste jour de 1971. En cette journée de l'an 2000, elle renaît de ses cendres. Vous devez être familière avec le Phénix. Le Phénix se consume pour renaître enfant. C'est exactement ce qui vous arrive, Eileen. Cette opportunité se présente à vous, dès maintenant. Vous avez la possibilité de mettre derrière tout ce qu'il s'est passé précédemment. Peu de gens ont cette chance. Moins encore la saisissent.

Il posa la tasse sur la table de chevet.

— Eileen… Je crois sincèrement que je peux, et que je vais, vous aider. Je peux fermer les yeux. Tourner le dos, et, l'instant d'après, vous vous serez volatilisée. Vous aurez profité d'un moment de faiblesse de ma part, ce sera mis sur le compte de mon retour prématuré au travail, et vous serez libre de disparaître. À la condition que vous me promettiez de démarrer une vie nouvelle. Loin de vos tracas, et tournée vers votre renaissance.
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MessageSujet: Re: La Prince et le Machiavel [PV Eileen] [Terminé]  Dim 20 Mai - 20:32

« Mon amie, si vous pensiez sincèrement ne pas avoir votre place parmi les vivants, il n'y a absolument rien qui vous empêche d'en finir à nouveau. » Il n’a pas tort. Je pourrais toujours me jeter du haut d’un édifice, ou du pont de Londres, dans la tamise. Rien ne m’en empêche, si ce n’est que le fait que je reviendrai sans doute encore. Aussi tentant que la mort soit, je n’en reste pas moins qu’une faible créature qui a peur de revivre ce moment précis où l’on sait qu’on va pousser notre dernier souffle dans quelques secondes. Mon corps parvient encore à sentir les coups de Tobias alors que je perdais doucement conscience, allongée sur le plancher de notre chambre.

Non, si je suis de retour, il doit bien y avoir une raison, et si c’est le cas, le suicide ne servirait à rien, puisqu’on me ramènerait, encore et encore et encore. Cette idée me démoralise tant que je baisse les yeux tandis que Marcus poursuit. Ses paroles sont dures, mais tellement vraies. Je ne suis pourtant pas convaincu du fait que je sois importante pour qui que ce soit. J’ai après tout perdu tout ce que j’avais, jusqu’à ma propre personne.

Je relève les yeux pour regarder le médecin quand il dit exactement les mots que je voudrais entendre. Enfin, j’ai l’impression que c’est ce que je veux entendre. Comme si une partie de mon cerveau ne fonctionnait que lorsqu’on m’insulte. J’ai l’habitude après tout. Je sais toutefois qu’une personne normale ne voudrait pas entendre de telles paroles prononcées à son égard. Bref, je regarde Marcus avec curiosité. Il semble effectivement savoir ce que je pense et ce que je vis à l’intérieur. C’est comme s’il sait ce que ça fait que de cesser de vivre, cesser d’exister, avant même de mourir. Celui-ci nous sert du thé, ou plutôt il le fait apparaître. Ça me fait encore bizarre d’utiliser et voir la magie à l’oeuvre, moi qui a rangé ma baguette il y a tant d’années, quand j’ai épousé Tobias. Néanmoins, je mentirais si je disais que ça ne m’a pas manqué. Je regarde la tasse, tentée de la prendre pour boire peu importe ce qui se trouve dedans, quand Marcus reprend la parole.

« Eileen… Mme Prince… Vous devriez songer à votre avenir plutôt qu'à votre passé. Vous avez raison sur un point très important : vous êtes morte. Mais cette épreuve que vous avez traversée n'est pas définitive. Ce n'est pas un obstacle, c'est une opportunité. » Je l’écoute poursuivre tandis qu’il se rassoit en disant que je devrais profiter de cette occasion en or pour me refaire une nouvelle vie. Soudainement beaucoup plus attentive qu’au départ, je l’écoute avec envie. J’ai envie de croire que ce qu’il me dit soit quelque chose de possible. Après tout, je ne suis qu’une coquille vide, un corps qui déambule sans personnalité propre à elle-même. Mon seul problème, c’est que je ne sais rien faire. Il me propose de me tourner le dos et me laisser partir, cependant, je prend peur et tandis que mes larmes cessent de couler doucement, je sens mon corps se crisper de l’intérieur, et vu mes blessures, c’est douloureux. Moi? Sortir d’ici et refaire ma vie? Oui, évidemment, ça semble être la chose logique à faire, mais n’importe qui d’autre saurait où commencer. Moi, je l’ignore, puisque je ne suis personne et que je n’ai personne non plus. « Je… Je ne sais pas comment… » Je n’ai pas de guide et je doute qu’il existe un livre qui apprenne à une personne comment vivre. Surtout que j’ai déserté le monde des sorciers pour épouser un moldu qui ne connaissait rien à notre monde. J’ai rangé ma baguette et je ne l’ai pas réutilisée et jamais récupérée non plus. Comment pourrais-je non seulement réintegrer ce monde? Veut-il simplement d’un déserteur comme moi? Je n’ai pas non plus confiance en moi, alors l’idée de pouvoir me trouver un emploi me semble tout à fait impossible. Qui voudrait de moi? Je ne connais même pas mon potentiel. « Je n’ai nulle part où aller, ni personne à joindre. » Je me sens trembler légèrement. Mon corps réagit à la panique qui s’éveille doucement en moi. « Je ne saurais pas par où commencer. » Je soupire, comme si ça allait m’aider à maintenir le calme que j’essaie de maintenir depuis quelques secondes. Je songe alors à mes options. Que pourrais-je faire ? La seule chose que j’ai su faire dans ma vie, c’était mon travail, et les potions. Mais j’ai tout perdu de mes aptitutes, sans aucun doute. Je peux donc oublier mon poste d’Oubliator au ministère. Jamais je ne pourrais le réintégrer. Alors que pourrais-je faire ?

Je dois cesser de paniquer et réfléchir. J’inspire donc profondément pour reprendre mes esprits. La première question que je dois me poser, c'est "Qui est Eileen?" « Je ne sais même pas qui je suis, ou même encore qui je voudrais être. Pendant plus de dix ans, j’ai vécu pour mon mari et ce que j’étais s’est effacé. Je ne sais même plus ce que j’aime, ou ce que je déteste. » Sauf que cette petite voix dans ma tête s’exclame dans ma tête une fois que j’ai fini ma phrase. Tobias… Est-ce que je le déteste vraiment? Ou est-ce moi que je déteste? Aies-je envie de vivre dans les cicatrices qu’il m’a laissé. « Ce serait beaucoup plus simple si on pouvait m’effacer la mémoire. » Je prend alors la tasse de thé qu'il a fait apparaître sur la table de chevet et prend une petite gorgée, me sentant doucement apaisée par la chaleur du liquide dans ma gorge.
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MessageSujet: Re: La Prince et le Machiavel [PV Eileen] [Terminé]  Mar 22 Mai - 19:00

Marcus
Johnes

Eileen
Prince

La Prince et le Machiavel
— Je… Je ne sais pas comment… finit par répondre Eileen.

Marcus fronça les sourcils. Ce n'était pas du tout la phrase qu'il souhaitait entendre, loin, très loin de là. Toutefois il ne pouvait pas non plus s'attendre à une reprise en main immédiate.

— Je n'ai nulle part où aller, ni personne à joindre.

Il nota qu'elle commençait à trembloter. Il saisit furtivement sa baguette, prêt à intervenir au cas où sa patiente succomberait à une crise d'épilepsie ou autre épisode dangereux pour sa santé. Il n'aurait pas voulu que sa première patiente décède lors de son premier jour de travail… surtout quand elle s'avérait une ressuscitée sur le point de commencer une nouvelle vie.

— Je ne saurais pas par où commencer.

Peut-être qu'il n'aurait finalement pas à intervenir. Eileen poussa un soupir qui sembla indiquer qu'elle réussissait à se maîtriser. Non. Il allait la laisser se gérer toute seule. Si elle parvenait à se calmer sans son aide, c'était le signe indubitable que tout n'était pas perdu pour Eileen Prince et qu'il restait encore dans cette chair meurtrie l'étincelle de détermination qui rallumerait son brasier.

— Je ne sais même pas qui je suis, ou même encore qui je voudrais être. Pendant plus de dix ans, j'ai vécu pour mon mari et ce que j'étais s'est effacé. Je ne sais même plus ce que j'aime, ou ce que je déteste.

Bien… Très bien… Elle progressait à une vitesse remarquable. Dix minutes plus tôt encore, elle aurait soutenu mordicus que tout était de sa faute. Même si elle ne le disait pas expressément, elle reconnaissait en filigrane que Rogue senior était la raison de son état actuel. C'était une évolution encourageante.

— Ce serait beaucoup plus simple si on pouvait m'effacer la mémoire.

Elle acheva en ingurgitant une gorgée de thé au jasmin. Marcus sourit. Il s'en conjura une nouvelle tasse et rangea sa baguette.

— J'ignore si vous le saviez, commença-t-il en soufflant sur le liquide, mais le véritable nom du thé au jasmin, c'est Chun Feng. C'est du chinois, qui signifie "vent du printemps". Je trouve le terme approprié. Nous avons ressuscité, et nous apportons avec nous le vent de la renaissance sur le monde des sorciers. Vous savez…

Il leva les yeux au plafond.

— Je me considère comme non-croyant, toutefois je pense que nous sommes revenus pour une raison bien précise. Laquelle, je l'ignore. Mais nous sommes là. Nous avons cette… "deuxième chance". Non c'est une mauvaise interprétation. Ce n'est pas une deuxième chance, c'est une… continuation de notre vie.

Il planta alors son regard dans celui d'Eileen.

— Nous tirons profit de notre expérience passée avec un œil neuf. Nous bâtissons sur nos erreurs et nos fautes. Nous apprenons. C'est ce qui fait de nous des êtres humains. Nous apprenons et nous évoluons. Oublier, c'est vous priver de cette gigantesque opportunité. C'est revenir en arrière, loin en arrière. Vous ignorez qui vous êtes. Laissez-moi vous poser la question : et alors ?

Il reposa sa tasse et joignit les longs doigts fins de ses mains.

— De toute façon, vous fuyez celle que vous êtes, ou étiez. Faites mieux que fuir : enterrez cette personne. Laissez-la derrière vous pour de bon. Celle que vous êtes importe peu. Celle que vous décidez de devenir, en revanche… je veux la connaître. Tenez.

Il écarta un pan de sa robe couleur émeraude, décrocha une bourse en cuir de sa ceinture, et la tendit à Eileen.

— Il n'y a pas grand-chose, mais cela devrait vous suffire pour au moins vous loger décemment le temps de trouver une situation stable. Songez que si vous désirez rester ici, je ne pourrai pas vous sauvegarder de mes collègues, qui désirent comprendre le retour des nôtres. A fortiori si vous cherchez à oublier votre passé. J'ai bien qu'à l'heure actuelle, il y ait peu d'Oubliators compétents.

Il se tut un instant. Oublier qu'Henry était mort… Juste une minute. Dix secondes. Le temps d'un battement d'ailes de papillon. Cela devait être si agréable de ne pas avoir à se faire du mauvais sang rien que l'espace d'un demi-instant.

Non.

C'était pire encore que se faire du mauvais sang. C'était fermer les yeux sur la réalité. Marcus se devait d'assumer ses responsabilités, les choix de son existences, les réussites comme les échecs, les succès… comme les erreurs. Et les fautes.

La culpabilité. Elle était pesante. Lourde. Écrasante.

Mais grâce à elle, il voulait devenir meilleur. Sans cela, il aurait persisté dans le faux. Désormais, il se dépasserait pour tout.

— J'ai eu la chance de reprendre ma vie là où elle s'est arrêtée, finit-il par poursuivre. Je veux que vous puissiez jouir de la même fortune que moi, et je veux que vous acceptiez ce modeste tribut (il secoua la bourse) en gage de ma compassion. Mon amour pour la vie n'a dorénavant d'égal que l'amour pour mon prochain, et je souhaite, je désire, je veux que vous aussi, vous soyez heureuse.
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MessageSujet: Re: La Prince et le Machiavel [PV Eileen] [Terminé]  Ven 8 Juin - 22:33

En effet, ce serait simple de tout oublier. Recommencer à zéro sans le poids d’un passé trop lourd à porter sur mes épaules. Oui, ce serait simple, mais ce serait trop simple. Suis-je devenue faible à ce point-là ? Ma tête me crie que oui, que je suis faible, faite pour vivre dans l’ombre de Tobias et rester à la maison pour éviter que quiconque voit la bêtise que je suis. Pourtant, j’ai envie de croire que cette voix dans ma tête a tort, et c’est pourquoi je ne veux pas oublier. Pas vraiment. Car il y a bien une chose dans la vie qui puisse me donner envie de vivre : mon fils.

Doucement, je prend une gorgée du thé au jasmin que m’a gentiment servit le médecin et je l’écoute en même temps. À l’entendre, il n’a pas choisi ce thé par hasard. Un semblant de sourire apparaît sur le coin de ma bouche, à peine visible. Cette idée de “vent de renaissance” me plaît bien sans que je ne puisse m’expliquer pourquoi. Le monde des sorciers, mon monde, celui auquel j’appartiens, connaît un étrange phénomène, il est vrai. Je n’ai jamais entendu parlé dans l’histoire de personnes qui soient revenus à la vie. La mort est supposée être définitive. Pourtant, me voilà en train de boire du thé dans ma chambre d’hôpital. En effet, je devrais profiter de mon retour pour refaire ma vie, et la refaire bien. Ne pas refaire les mêmes erreurs que par le passé et surtout, rester loin des moldus. J’ai eu ma leçon. Je ne regrette pas mon fils, mais si j’avais écouté ma famille, j’aurais sans doute réussi ma vie en tant qu’Oubliator. Peut-être n’est-il pas trop tard pour que je la reprenne là où je l’ai quitté quand j’ai fait la rencontre de Tobias…

Je continue d’écouter Marcus qui me fait exactement la même réflexion que je viens de me faire. Oublier n’est pas une solution. Me réinventer, en revanche… Sans doute devrais-je faire comme il me dit et enterrer l’ancienne Eileen qui est morte sur le plancher de sa chambre à coucher. Elle est déjà morte après tout, non? S’il y avait une place pour un nouveau Marcus Johnes, il y a sans doute une place pour moi, et qui sait, peut-être pourrais-je renouer avec Severus. Je l’ai laissé de la façon la plus pitoyable possible, sur le quai de la plateforme neuf et trois quart, accompagné de la petite Lily. J’ai du rattrapage à faire.

Mais la question demeure la même : Comment ?

Marcus me tend alors la solution. Il m’offre une petite bourse en cuir dans laquelle je peux entendre des pièces s’entrechoquer ensemble. L’air surprise, je regarde la bourse sans la prendre, puis le médecin qui me dit que le contenu devrait être suffisant pour que je débute ma nouvelle vie. J’ai envie de la prendre, mais je suis mal à l’aise. Je dépose ma tasse et me racle la gorge avant de l’entendre poursuivre. Apparemment, cette chance d’une nouvelle vie a fait de lui un homme meilleur, un homme nouveau, et il semble sincèrement me souhaiter une nouvelle vie meilleure à moi aussi. Quand il secoue la bourse, je la prend, la main un peu tremblante. « C’est énorme ce que vous m’offrez. » J’ouvre la bourse pour regarder son contenu. Je n’ai même pas besoin de compter ce qu’il y a dedans pour déduire que j’en ai assez pour m’offrir le nécessaire de départ. Des larmes montent à mes yeux et je les retiens, par fierté. Je lève alors les yeux sur Marcus et lui sourit sincèrement. « Marcus Johnes… Ce que vous m’offrez est énorme. Je ne sais pas comment vous faites, mais vous avez réussit à me donner de l’espoir. » Et c’est une chose que je n’avais pas eu depuis des années, même plus d’années que je n’ai vécu. Mon coeur bat rapidement dans ma poitrine et je continue de retenir difficilement les larmes dans mes yeux. « J’accepte votre cadeau, à la condition que vous me laissiez vous rendre service à mon tour un jour. »

Je referme la bourse. Je suppose que je connais déjà ma destination une fois que je sortirai d’ici. J’ai besoin d’une baguette…
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MessageSujet: Re: La Prince et le Machiavel [PV Eileen] [Terminé]  Dim 17 Juin - 13:17

Marcus
Johnes

Eileen
Prince

La Prince et le Machiavel
Eileen finit par s'emparer de la petite sacoche de cuir. Marcus avait l'impression qu'elle avait mis la main sur le Saint Graal juste avant Perceval. Bel exploit.

— C'est énorme ce que vous m'offrez.

Elle descella la bourse et regarda son contenu. Et maintenant elle avait vu l'intérieur du Saint Graal avant Galahad. Plus bel exploit encore.

— Marcus Johnes… Ce que vous m'offrez est énorme. Je ne sais pas comment vous faites, mais vous avez réussi à me donner de l'espoir.

C'était un beau compliment. Si Marcus était capable de rendre l'espoir à une femme brisée par la vie, peut-être que reformer les Mangemorts n'était pas une entreprise irréalisable. Toutefois, prudence, les Mangemorts étaient plus difficiles à convaincre, en partie parce qu'ils n'étaient qu'un groupuscule d'enfants psychotiques qui couraient en agitant leur baguette dans tous les sens. Raisonner une femme brisée par la vie était une chose… un imbécile, c'en était une toute autre.

— J'accepte votre cadeau, à la condition que vous me laissiez vous rendre service à mon tour un jour.

Marcus sourit.

— S'il s'agit de la seule et unique condition, alors j'accepte également.

Il posa sa main sur celle d'Eileen.

— Je crois que nous nous reverrons très vite, Eileen Prince. Maintenant, si vous le permettez, je vais m'écarter un peu. Je dois parler à un aide-soignant par là-bas, au fond du couloir. Je vous fais confiance pour… ne pas vous enfuir, n'est-ce pas ?

Il lui adressa un clin d'œil, se leva, et sortit de la chambre. Une fois dans le corridor, il se dirigea tout au fond, jusqu'à un angle, et s'y adossa, les bras croisés.

Il allait laisser quelques instants à Eileen. Et il n'était pas du tout pressé d'annoncer son départ soudain. Après tout, il allait lui falloir songer à une excuse en béton armé à sortir au conseil d'administration pour justifier cette bourde monumentale dès son premier jour de travail. Surtout si cela pouvait lui éviter de passer une visite médicale. Marcus haïssait les aiguilles et redoutait que le guérisseur de la visite lui en inflige une ou deux. Ou trois.

Ou quatre cents.

Saletés de seringues.

Il s'approcha d'un miroir qui était pendu un peu plus loin, et observa son propre reflet.

Marcus Johnes. Médicomage. Ex-Mangemort. Ou bien il n'avait jamais réellement été ni l'un, ni l'autre. Juste un ex-Mangemort, défini par sa dévotion envers une cause perdue d'avance.

Un peu comme Eileen Prince. Sa dévotion envers sa famille l'avait conduite à la mort. Le cas de Marcus n'était guère différent.

Et il ne tolérerait pas que le passé se répète une nouvelle fois.
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MessageSujet: Re: La Prince et le Machiavel [PV Eileen] [Terminé]  Ven 29 Juin - 14:06

Marcus Johnes. Un nom que je n’oublierai jamais. Suis-je en train de me faire avoir, comme avec Tobias? J’ai très envie de lui faire confiance. Après tout, il vient de déverrouiller la porte qui me séparait de ma nouvelle vie. Dans cette bourse se trouvait juste assez d’argent pour me remettre sur pied, et c’est énorme, peu importe la somme. Marcus accepte le fait que je lui dois une faveur, et je souris.

Sa main se pose alors sur la mienne. Je l’écoute me dire que nous nous reverrons très vite, et cette idée me fait plaisir. Suite à un hochement de tête, je l’entend me dire qu’il va maintenant me laisser pour aller discuter avec un collègue. Il me donne donc le signal. « Merci Marcus. » Quand il sort, je baisse les yeux sur moi vite fait et prend mes vêtements pliés sur le petit meuble une fois qu’il est sorti. Ensuite, je transplane rapidement avec la bourse, laissant le reste de ma tasse de thé encore chaud derrière moi.

J’arrive ainsi au Chaudron Baveur. À l’abri des regards, je me cherche une salle de bain et me change rapidement pour remettre mes vêtements. Je me regarde alors et réalise que vraiment, je dois me trouver d’autres vêtements. Ma robe d’hôpital fini à la poubelle tandis que je sors du Chaudron Baveur pour me diriger vers la boutique d’Ollivanders. Néanmoins, une fois devant la porte, je reste figée. Suis-je réellement prête à remettre les pieds dans ce monde de sorciers ? J’en ai envie, c’est certain, car c’est ce que je suis au final. Une sorcière. Cependant, quelque chose d’autre me freine. Je regarde le contenu de la bourse, puis mes vêtements. Non, acheter une baguette ne serait pas ma meilleure idée pour le moment. J’ai également besoin d’un toit sur ma tête. C’est donc ainsi que je décide de retourner au Chaudron Baveur et que je cherche le premier journal pour y regarder les petites annonces à la recherche de l’appartement le moins cher disponible.
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